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Öksüz a participé à la Conférence de la BMS, organisation syndicale indienne
09.02.26, Lundi
Le vice-président de la Confédération Memur-Sen et secrétaire général de la Confédération Internationale du Travail (ILC), Hamza Öksüz, a pris part à la 21ᵉ Conférence générale triennale organisée par la Bharatiya Mazdoor Sangh (BMS), la plus grande organisation syndicale centrale de l’Inde, qui compte 17 millions de membres.
Outre Hamza Öksüz, la conférence a réuni Yuki Otsuji, directeur du Bureau de Delhi de l’Organisation internationale du Travail (OIT), le ministre indien du Travail Dr Mansukh Mandaviya, le Premier ministre de l’État d’Odisha Mohan Charan Majhi, ainsi que des représentants syndicaux venus d’Italie, de Russie, du Brésil, du Népal, de Maurice, du Bélarus et d’Égypte.
Dans le cadre des sessions et des rencontres bilatérales organisées lors de la conférence, les participants ont débattu des marchés mondiaux du travail, de la numérisation, de la transformation du monde professionnel et de l’avenir du mouvement syndical. Une réunion des BRICS s’est également tenue en marge du programme.
« Les syndicats doivent être au cœur des transformations »
Prenant la parole lors de la conférence, Hamza Öksüz a évalué les effets des transformations technologiques, éthiques, économiques et écologiques sur le monde du travail, tout en soulignant l’importance de la solidarité syndicale internationale.
Dans son intervention intitulée « Technologie, éthique, économie et transition écologique : impacts sur le monde du travail et rôle des syndicats », Öksüz a mis en lumière quatre dynamiques fondamentales qui transforment simultanément la vie professionnelle. Il a souligné que ces dimensions ne sont pas indépendantes les unes des autres, déclarant :
« Aujourd’hui, la technologie, l’éthique, l’économie et l’écologie constituent les différentes facettes d’un même processus de transformation du travail. »
Bien que la transformation technologique soit souvent présentée comme une évolution inévitable, Öksüz a insisté sur le fait qu’elle n’est pas neutre, notant que l’intelligence artificielle, la gestion algorithmique et les plateformes numériques redéfinissent en profondeur les relations de travail.
Affirmant que la technologie n’a de sens que lorsqu’elle est au service de l’être humain et du travail, Öksüz a souligné que la manière dont ce processus se développe dépend de choix politiques et institutionnels. Il a mis en garde contre les risques liés à la numérisation, tels que l’indétermination des temps de travail, le contrôle algorithmique de la performance et l’affaiblissement de la sécurité de l’emploi, tout en rappelant que les syndicats doivent se positionner au centre de cette transformation.
Hamza Öksüz : « L’être humain n’est pas le coût du système, mais son sujet »
Poursuivant son discours sur les questions éthiques, Öksüz a souligné que l’utilisation des données, la transparence algorithmique et la protection de la dignité humaine sont devenues des enjeux majeurs du monde du travail. Déclarant que « l’être humain n’est pas le coût du système, mais son sujet », il a rappelé que Memur-Sen défend, dans le cadre de la transition numérique, une approche fondée sur le travail décent, la participation des travailleurs, la transparence et la redevabilité.
Transformation économique : croissance sans sécurité
Abordant la transformation économique mondiale, Hamza Öksüz a indiqué que la croissance économique ne se traduit pas, du côté du travail, par un niveau équivalent de protection sociale. Il a souligné l’augmentation des inégalités de revenus, la généralisation du travail précaire et l’affaiblissement des mécanismes de l’État social, affirmant qu’une économie durable ne peut exister sans syndicats forts.
Insistant sur le fait que la crise climatique n’est plus une menace future mais une réalité actuelle, Öksüz a attiré l’attention sur l’impact direct des vagues de chaleur extrême et des catastrophes environnementales sur la santé et la sécurité au travail. Il a souligné que la transition verte doit être juste pour les travailleurs et menée selon une approche inclusive, ne laissant personne de côté.
« La solidarité syndicale est devenue une nécessité »
En conclusion, Hamza Öksüz a évoqué le contexte politique mondial, affirmant que, dans une période marquée par l’érosion de l’État de droit et de l’ordre international fondé sur des règles, la solidarité syndicale internationale est devenue une nécessité historique. Il a souligné que le mouvement syndical ne doit pas se limiter à la défense des droits, mais qu’il doit également être un acteur moteur et fondateur des transformations sociales.
Dans le cadre de la conférence, la délégation de Memur-Sen a tenu de nombreux entretiens avec des représentants syndicaux internationaux, notamment avec le président de la BMS, Hiranmay Pandyaji, afin d’échanger des points de vue sur l’agenda mondial du travail.



























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